Que se passe-t-il si la France remplace son électricité nucléaire par des éoliennes, du solaire et du gaz ?

Si la France ferme toutes ses centrales nucléaires et les remplace par des panneaux solaires, éoliennes et centrales gaz comme le veulent les écolos, que se passe-t-il ?

 

Consommation annuelle d’électricité en France : 470 Twh.

Production nucléaire en France 400 Twh par an.

La production d’électricité est de 2000 heures par an pour les éoliennes et de 1100 heures par an pour les panneaux solaires soit 35% du temps pour le cumul des deux électricités. 65% du temps, quand pas de vent ou de soleil, il faut donc activer des centrales au gaz pour produire de l’électricité.

 

Emission de CO2 si nucléaire remplacé par ENR & gaz: 110 Millions de tonnes !

Emission de CO2 de l’électricité gaz 418 g par kwh, nucléaire 4 grammes par kwh, solaire et éolien 30 g par kwh à 400*1000000000*(65%*418+35%*30-100%*4)/ 1012=110 Millions.

 

En remplaçant l’électricité nucléaire par

l’électricité des éoliennes, des panneaux solaires et du gaz (quand ni vent ni soleil),

les émissions de CO2 de la France passeraient de 300 millions à 410 millions de tonnes par an !

 

Les écolos d’EELV veulent une solution énergétique pour la France

avec des émissions de CO2 annuelles en hausse de 35% !

La fermeture de la centrale de Fessenheim augmente les émissions de CO2 de la France de 2,8 millions de tonnes chaque année !

La fermeture de la centrale de Fessenheim augmente les émissions de CO2 de la France de 2,8 millions de tonnes chaque année !

 

La centrale de Fessenheim émettait 0.04 millions de tonnes de CO2 par an.

La production d’électricité de Fessenheim est de 10 milliards de kwh d’électricité par an. Fessenheim émet 4 grammes de CO2 par kwh produit[1]. Fessenheim émet donc chaque année 0,04 millions de tonnes de CO2 (Calcul : 10*109*4/1012=0,04).

 

Fessenheim sera remplacée par un mix panneaux solaires, éoliennes et centrales au gaz. Le mix panneaux solaires/éoliennes/centrale gaz remplaçant Fessenheim émettra 2.82 millions de tonnes de CO2 par an.

La façon la plus propre pour remplacer l’électricité de Fessenheim est de produire de l’électricité avec des énergies renouvelables éoliennes et solaires complétées par une centrale au gaz lorsqu’il n’y a pas assez de vent ou de soleil, la nuit par exemple. Dans le meilleur des cas, à cause des périodes sans vent ou sans luminosité, les éoliennes et les panneaux solaires produiraient 35% de la production d’électricité avec peu d’émission de CO2 et la centrale au gaz 65% avec beaucoup d’émission de CO2[2]. Le calcul, simple, montre que Fessenheim émet 30 fois moins de CO2 que le couple énergies renouvelables et gaz[3] nécessaire pour la remplacer.

Une centrale au gaz émet 418 grammes de CO2 par kwh[4] produit quand le couple éolienne et solaire émet en moyenne 30 grammes de CO2 par kwh produit[5]. Le couple énergie renouvelable centrale au gaz émettra donc chaque année 2,8 millions de tonnes de CO2 (Calcul: 65%*(10*109*418/1012)+35%*(10*109*30/1012=2,82)

 

 

Coût de la fermeture de Fessenheim en CO2: 2,8 millions de tonnes de CO2 par an.

 

 

[1] Emission de CO2 pour un kwh d’électricité nucléaire et un kwh d’électricité fabriqué par une centrale gaz https://www.lemonde.fr/blog/huet/2022/06/22/nucleaire-4-g-de-co2-par-kwh/

 

[2] En France, une éolienne produit environ 2000 heures par an quand un panneau photovoltaïque produit 1100 heures par an. En additionnant les deux, ce qui est simpliste mais donne le résultat le plus favorable pour les énergies renouvelables, nous arrivons à 3100 heures par an soit 35% du temps. Le calcul réel est complexe, tient compte de la courbe réelle de consommation nationale d’électricité et de production prévisible heure par heure des énergies renouvelables, de la présence de vents et de soleil au niveau local quand il ne l’est pas au niveau national mais les ordres de grandeur sont acceptables.

[3] La production de Fessenheim est de 10 milliards de kilowatt-heure d’électricité par an. Fessenheim émet 4 grammes de CO2 par kilowatt-heure produit. Fessenheim émet donc chaque année 0,12 millions de tonnes de CO2 (Calcul : 10*109*12/1012=0,12).

3,3 millions de tonnes de CO2 (Calcul : 65%*(10*109*490/1012)+35%*(10*109*30/1012=3,29)

 

[4] Emission de CO2 pour un kwh d’électricité nucléaire et un kwh d’électricité fabriqué par une centrale gaz https://www.lemonde.fr/blog/huet/2022/06/22/nucleaire-4-g-de-co2-par-kwh/

 

[5] Emission de CO2 pour un kwh d’électricité solaire et un kwh d’électricité d’électricité éolienne https://www.lemonde.fr/blog/huet/2022/06/22/nucleaire-4-g-de-co2-par-kwh/

 

La France a économisé grâce aux centrales nucléaires en activité depuis 1977 20 ans d’émissions de CO2 (Niveau de 2019) !

La France a économisé grâce aux centrales nucléaires en activité depuis 1977 plus de 20 ans d’émissions de CO2 (Niveau de 2019) !

La production nucléaire de la France depuis 1977 est de 14.000 milliards de kwh. L’électricité nucléaire émet 4 grammes de CO2 par kwh[1] produit contre 418 grammes de CO2 pour les centrales au gaz.

Si la France avait installé des centrales au gaz au lieu des centrales nucléaires, elle aurait émis 5800 millions de tonnes de CO2 de plus.

(Calcul: 14000*1000000000*(418-4)/ 1012)=5796).

La France a émis environ 300 millions de tonnes de CO2 en 2019 (source Banque Mondiale[2]).

La France a donc économisé grâce aux centrales nucléaires en activité depuis 1977 environ 20 ans des émissions de CO2 (Niveau de 2019) !

Graphique de la production nucléaire en France en Twh (1 milliard de kwh), source gouvernement français[3]

 

 

 

 

 

 

[1] Emission de CO2 pour un kwh d’électricité nucléaire et un kwh d’électricité fabriqué par une centrale gaz https://www.lemonde.fr/blog/huet/2022/06/22/nucleaire-4-g-de-co2-par-kwh/

[2] Emission de CO2 de la France, Banque Mondiale https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.KT?locations=FR

[3] production nucléaire en France, source gouvernement français https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/bilan-energetique-2020/16-34-baisse-de-la-production

La crise énergétique est en train de déclencher une récession violente et potentiellement durable en Europe.

Avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, fin janvier 2022, l’inflation était déjà à un niveau très élevé aux Etats-Unis : 7,5%. Des pertes de pouvoir d’achat de 3% pour les ménages américains y ont déclenché une baisse de la consommation et une récession au 1er et 2ème trimestre 2022. Avec la hausse des prix de l’énergie et l’inflation qui perdure, la récession n’est bien sûr pas terminée. L’Europe était et est aujourd’hui dans la même situation, en pire.

Peu après le déclenchement de la guerre, les Européens décidèrent d’appliquer progressivement un embargo sur le pétrole, le charbon et enfin sur le gaz russe. Sur le gaz, Poutine les a pris de vitesse et a mis en place un quasi embargo avant que l’embargo européen ne s’applique. Ces sanctions ont presque fait doubler le prix du pétrole et du charbon et multiplié par 10 à 20 le prix du gaz livré en Europe. Cette décision de l’Union Européenne de se couper d’un tiers de son approvisionnement en énergie est du jamais vu et ressemble malheureusement à un suicide économique de l’Europe. La perte de pouvoir d’achat des ménages liée à l’inflation atteint aujourd’hui 5% en Europe, ce qui déclenchera rapidement une récession.

Mais il y a bien pire encore. Si le pétrole et le charbon sont des produits facilement transportables dont l’Europe ne devrait pas manquer, il n’en est pas de même pour le gaz. Il se transporte dans des pipelines nécessitant 5 à 7 ans de construction ou par une flotte de bateaux méthaniers accompagnée d’usines de liquéfaction et de gazéification qui nécessiteront 5 ans de construction. Sans compter le temps pour les pays producteurs d’augmenter fortement leur production pour l’Europe. Nous avons donc un problème de manque de gaz insoluble à court terme, qui se résoudra dans 5 ans minimum. 20% de l’énergie et de l’électricité proviennent du gaz en Europe. 40% du gaz provenant de Russie, il manquera environ 8% d’énergie et 8% d’électricité en Europe cet hiver.

Concernant la France, le parc nucléaire est à moitié à l’arrêt. EDF a été malmenée depuis une vingtaine d’années. L’Arenh décidé par Sarkozy sur injonction de l’Union Européenne l’oblige à vendre 20% de son électricité en dessous de son coût de revient à des concurrents privés, ce qui l’affaiblit chaque année d’avantage. EDF a été introduite en bourse et a dû s’occuper de ses dividendes et actionnaires privés plus que de la maintenance à long terme de ses centrales nucléaires. Enfin, Hollande puis Macron décidèrent de fermer en 2020 Fessenheim, Macron écrivant dans la loi que 10 autres centrales nucléaires seraient fermées en 10 ans. Cette attrition du nucléaire et la parole de feu des médias contre cette énergie a rendu difficile l’embauche de jeunes ingénieurs et soudeurs pour la maintenance des centrales. Cette filière n’était pas une filière d’avenir. Voilà comment nous sommes arrivés au point où la moitié des centrales soient aujourd’hui fermées. Posons l’hypothèse raisonnable qu’EDF réussisse à avoir trois quart de ses centrales nucléaires en production cet hiver. Nous devrons malgré tout importer beaucoup plus d’électricité que les autres années lors des pics de consommation de l’hiver. Or, les autres pays européens seront en pénurie à cause du manque de gaz et ne nous en vendront pas. Nous aurons donc de fortes pénuries d’électricité cet hiver, parfois plusieurs jours de suite selon mes calculs faits à partir de la consommation d’électricité de l’année 2019 (données open source de RTE) et d’économies d’énergie réalistes. Bien sûr, le niveau des températures jouera aussi un rôle amortisseur ou amplificateur.

Il y aura aussi de possibles pénuries de gaz et au minimum un gaz très cher en France cet hiver. Bien que la France ne soit dépendante de la Russie qu’à hauteur de 10-15%, Macron a décidé de vendre un montant représentant annuellement 10% de notre consommation de gaz à l’Allemagne pour aider notre voisin dépendant à 55% du gaz russe !

Pénuries d’électricité et de gaz, énergie chère seront donc au rendez-vous. Pire, l’Union Européenne a construit un « marché européen du gaz » et « un marché européen de l’électricité » accompagné de nombreux instruments de spéculation et de nombreux spéculateurs. Ces marchés amplifient la hausse des prix. La déréglementation des tarifs du gaz et de l’électricité fait fluctuer violemment les prix payés par les entreprises, chacune étant liée à des opérateurs privés souvent fragiles via des contrats différents, parfois dangereux. Le patron de système U expliquait il y a peu que sa facture d’électricité doublerait en 2023 quand le facteur 4 à 6 a été appliqué pour d’autres entreprises.

Déjà des entreprises françaises énergivores comme Arc, Duralex et Ascométal ferment « temporairement » des usines. La moitié des fonderies européennes ont fermé et une association de grosses entreprises européennes explique qu’elles sont menacées dans leur existence même. Arcelor Mittal, le géant de l’acier, tire aussi le signal d’alarme. La disparition de ces entreprises poserait des problèmes à toute l’industrie localisée en Europe par un effet domino qui peut aller très loin. La récession que nous subirons en Europe risque donc d’être une des plus violentes depuis 1945 et causera des dégâts potentiellement irréversibles à notre tissu industriel.

A cela se rajoutera un élément très défavorable : l’économie vit en zone euro depuis 8 ans avec des taux à 0%. Une bulle de crédit et des bulles d’actifs ont donc été gonflées. La hausse des taux nécessitée par une inflation à 9% en zone euro nécessite d’augmenter fortement les taux d’intérêt. Cela a déjà commencé et cette hausse des taux crèvera inévitablement les bulles d’actifs en Europe comme la hausse des taux américains est en train de crever les bulles boursières et immobilières aux Etats-Unis. A la crise énergétique et économique s’ajoutera donc une crise financière et ses effets amplificateurs. Certes, les ménages seront protégés partiellement par des boucliers tarifaires. Le prix du gaz et de l’électricité n’augmentera que de 15% le 1er janvier en France. La situation pour les ménages dans le reste de l’Europe est bien pire. A cet inconfort d’une vie avec des pénuries d’énergie et des prix élevés de l’énergie, risque de s’ajouter des pertes d’emplois considérables.

Tout cela annonce une véritable tempête économique dans le ciel de l’Europe. Et elle risque de durer car les problèmes de manque d’énergie en Europe sont des problèmes de moyen terme.

La crise financière qui vient.

La crise énergétique est en train de déclencher une récession violente et potentiellement durable en Europe.

En effet, la crise de l’énergie accélère la crise inflationniste qui existait avant la guerre en Ukraine. Cette inflation détruit le pouvoir d’achat des ménages et génère une baisse de la consommation et donc une récession économique. La crise de l’énergie va causer une nouvelle vague de désindustrialisation et de délocalisations vers l’Asie et les Etats-Unis. Cela concernera d’abord les industries les plus énergivores puis par ricochet les industries de produits finis. Si nous avons affaire à des pénuries d’énergie (ce sera probablement le cas), alors nous aurons aussi un chaos économique : combien de congélateurs de nourriture perdue chez les ménages et les entreprises, quelles seront les incidences indirectes des fermetures d’usine, des coupures de téléphonie mobile ou d’internet ? Personne ne le sait.

Enfin, il apparaît que certains agriculteurs cultivant des légumes sous serre risquent la faillite à cause du gaz hors de prix. La production d’engrais réalisée à partir de gaz s’effondre en Europe et ailleurs ce qui pourrait occasionner de faibles rendements agricoles et une crise alimentaire. La crise énergétique et économique pourrait déboucher sur une crise alimentaire, la pire crise possible. Quand les gens ont faim, la colère déborde. Cette accumulation de crise pourrait déboucher elle-même sur une crise politique grave.

Le carrefour de crises et cette instabilité globale nous conduit à la possibilité d’une crise financière importante en Occident.

Depuis la crise des subprimes de 2008, l’économie occidentale s’est mise à croître presqu’uniquement grâce à des taux à 0. En effet, l’industrie est la clé de la prospérité. Ce graphique illustre parfaitement ce principe. Les pays aux revenus les plus élevés sont ceux qui défendent, encouragent et ont le plus de production industrielle, les pays aux revenus les plus faibles sont ceux qui négligent ou ont à cause de leur histoire le moins d’industrie.

La désindustrialisation subie par l’Occident suite aux accords de libre-échange signés notamment avec l’Asie (au premier rang la Chine), empêche les économies occidentales de croître grâce à une croissance de la production réelle. Les taux 0 sont donc une obligation pour elles. Les taux 0 allègent le fardeau de la dette et des jours difficiles, permettent d’avoir une croissance de l’économie financière, une croissance de certains patrimoines et de certaines consommations (services financiers, luxe, ameublement…), basée sur la dette et des bulles d’actifs, immobiliers et financiers (bourse, obligations d’état, crypto-monnaies etc.). En résumé, la croissance se fait surtout par les paradis artificiels et non par la croissance de l’économie réelle. Aujourd’hui, cette pelote pourrait se dérouler en sens inverse via une crise financière.

En effet, l’inflation élevée en Occident, en accélération en Europe avec la crise de l’énergie, oblige les banques centrales européennes à avoir des taux assez élevées pour éviter qu’une spirale hausse de prix- hausse de salaires ne s’enclenche. Cette hausse des taux fait naturellement baisser les prix des marchés financiers et immobiliers. Les marchés d’actions et d’obligations américaines ont vu ainsi leurs prix baisser de 20% chacun cette année. Ira-t-on jusqu’à l’éclatement des bulles ?

La crise financière peut arriver par de multiples canaux.

Des banques systémiques comme Crédit Suisse ou Deutsche Bank portent trop de risque, sont trop liées à la spéculation. Ainsi, Crédit Suisse a réussi l’exploit de perdre des milliards d’euros dans les faillites de l’entreprise spéculative Archegos et de la société financière Greenshill, hors de toute crise financière, en 2021. Elle doit payer aujourd’hui des taux d’intérêt 3% au-dessus de l’Etat pour emprunter. Ceci n’est pas tenable pour une banque qui passe alors en marge négative lorsqu’elle prête à des clients. Si ces grandes banques systémiques s’effondrent, le château de carte financier s’effondre et nous pourrions assister comme fin 2008 à un nouveau moment « Lehman Brothers ». Remarquons que les actions des grandes banques européennes ont globalement baissé de 85% depuis 2007 ce qui témoigne d’une santé financière très fragile.

Les fonds de « private equity », sociétés financières qui achètent avec des dettes financières des entreprises déjà naturellement endettées ont investi 10.000 milliards de dollars. Que se passera-t-il si une récession économique occasionne des résultats négatifs qui empêchent le remboursement des dettes ? Quid des entreprises rachetées ?

La crise peut venir des « produits dérivés » financiers. Il y a selon la BRI 800.000 milliards de dollars de produits dérivés dans le monde. Ces contrats financiers risqués sont signés entre les grandes sociétés bancaires, d’assurance, financières en général. Une partie de ce château de cartes peut aussi s’effondrer à tout moment et personne ne connaît et maîtrise le risque financier induit par ces montagnes de risques.

Un exemple a été fourni par l’effondrement de 13% en 15 jours des obligations du gouvernement britannique. Les obligations d’Etat à 10 ans sont des produits peu volatils. C’est l’actif de base des fonds de pension anglais qui ont 3800 milliards de livres sterling d’investissement (les fonds de pension américains pèsent 35.000 milliards de dollars). Ces fonds de pension achètent des obligations d’Etat et un peu d’actifs plus risqués. Ils versent chaque mois une partie importante des retraites des Britanniques avec les intérêts et dividendes qu’ils en retirent. Mais depuis2012, les taux de ces obligations d’Etat ont été proches de 0 (3500 milliards de Livres investis à taux 0 rapportent 0) ce qui mettaient en risque le versement des retraites. Les fonds de pension ont donc pris de plus en plus de risques en achetant des produits dérivés risqués pour un montant de 1800 milliards de livres auprès des banques. Ils ont ainsi augmenté sensiblement le rendement de leurs investissements, tant que les taux 0 étaient de mise. Le revers de la médaille existe : lorsque les taux augmentent fortement, ces stratégies occasionnent d’énormes pertes pour les fonds de pension qu’ils doivent couvrir en envoyant des dizaines de milliards de Livres de cash à leurs banquiers. Certains n’ayant plus de cash ont dû vendre en catastrophe des obligations d’Etat ce qui rajoutait de la baisse à la baisse précédente. C’est ainsi que les obligations d’Etat ont effectué en 15 jours un mouvement de baisse jamais vu. Remarquons que ce processus impose aux fonds de pension de céder à la casse les actifs qui leur permettent de verser des retraites ! Il s’agit donc d’une potentielle catastrophe pour le système de retraite britannique. Un fond de pension a même dû appeler à l’aide la Banque d’Angleterre. La seule solution pour éviter l’effondrement des obligations d’Etat britannique et des fonds de pension a été l’annonce d’achats massifs par la Banque d’Angleterre d’obligations d’Etat pour faire remonter leur prix. Cela a permis de calmer légèrement les marchés financiers qui savent cependant que la situation n’est pas pérenne. En effet, l’achat via l’argent de la banque centrale d’obligations d’Etat, est de la création de monnaie qui génère de l’inflation, inflation qui est justement le problème économique occasionnant la baisse de ces obligations. Le serpent financier se mord la queue.

Il est donc probable qu’une crise financière se déclenche dans les mois à venir et personne n’a aujourd’hui de certitudes sur « quel en sera l’élément déclencheur »; les candidats sont nombreux et parfois cachés. Malheureusement, une crise financière nourrirait la crise économique, rajouterait de la crise à la crise et augmenterait l’instabilité générale.

Pourquoi l’hydrogène est nécessaire au futur énergétique de la France ?

Pourquoi l’hydrogène est nécessaire au futur énergétique de la France ?

Cet article de blog est un résumé de ce problème de vecteur de stockage d’énergie, nécessaire à une France sans énergie fossile ni CO2, tiré de mon livre « Comment réaliser la transition écologique, un défi passionnant » où à peu près tous les sujets écologiques sont abordés en détail.

 

Electricité

L’électricité solaire et éolienne n’est produite que lorsqu’il y a du soleil ou du vent et doit être couplée à des centrales fossiles gaz, fioul ou charbon afin de produire quand même de l’électricité quand éolien et solaire ne produisent rien.

Dans une économie sans ou avec peu d’énergie fossile, l’électricité utile à la consommation d’électricité doit donc être fournie principalement par du nucléaire et de l’hydraulique. Eolien et solaire peuvent être utilisés pour un autre usage, la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau (Les Stations de pompage turbinage, STEP, sont du stockage d’appoint. Quant au stockage par batteries, il faudrait 7 fois la production mondiale de lithium pour stocker deux jours d’électricité en France selon l’Académie des Sciences). Les autres énergies renouvelables n’ont pas de capacité à produire massivement de l’électricité en France, que ce soit la géothermie, le biogaz ou de nouveaux barrages hydrauliques. Elles ne peuvent être qu’un appoint, en tout cas dans un avenir prévisible. Le mix énergétique doit donc être composé principalement de l’hydraulique actuel, de nucléaire, d’éolienne et de solaire.

Les éoliennes et panneaux solaires ont cependant de gros inconvénients écologiques : défiguration des paysages, emprise au sol, énorme masse de béton souterraine pour les éoliennes.

Le choix du mix nucléaire/solaire/éolien doit par conséquent être fait par les Français au cours d’un processus de débat et de référendum. Il engage notre avenir sur 20 ans et un accord par référendum après un débat est le meilleur moyen pour qu’une bonne décision soit prise et acceptée par tous.

 

La nécessité d’un vecteur de stockage, l’hydrogène.

Penser que notre économie ne puisse comporter qu’une seule énergie de masse, l’électricité, est irréaliste et même dangereux. Que se passerait-il d’ailleurs en cas d’un black-out électrique provoqué par un accident ou par une guerre ? La désorganisation serait totale et les risques énormes si le black-out est difficile à réparer. Il vaut mieux avoir des véhicules résistants au problème. D’autre part, l’électricité se déplace presqu’à la vitesse de la lumière, est perdue donc gaspillée si elle n’est pas immédiatement utilisée (pas de batterie de masse imaginable aujourd’hui). L’hydrogène est le vecteur de stockage d’électricité de masse qu’il nous faut pour récupérer cette électricité gaspillée et assurer une bonne stabilité de notre alimentation énergétique.

Pour produire de l’hydrogène, on fait passer de l’électricité dans de l’eau (électrolyseurs) : la molécule d’eau se transforme en molécule d’hydrogène et molécule d’oxygène. Cette technologie n’est pas un fantasme, elle est au stade industriel[1]. Cet hydrogène sera l’essence de demain[2] et pourra servir à alimenter tous les réseaux de transports : bus, camion, voiture, moto, scooter et avion.

Un petit point nécessaire sur la voiture et le véhicule électrique en général.

Se lancer dans le tout électrique pour l’automobile n’a pas de sens du point de vue de la transition énergétique pour différentes raisons.

A cause de sa batterie, une voiture électrique requiert deux fois plus d’énergie fossile pour sa fabrication qu’un véhicule à essence/diesel. Cette énergie utilisée lors de la construction peut être sans énergie fossile dans le monde de demain. Aujourd’hui, sur l’ensemble du cycle de vie, sa consommation d’énergie fossile est d’environ le tiers d’une voiture essence/diesel dans un pays comme la France dont l’électricité est décarbonée[3]. En revanche, dans des pays comme la Pologne, l’Allemagne ou la Chine où l’électricité est très carbonée, émise à partir de charbon, la voiture électrique n’a aujourd’hui aucun avantage sur la voiture essence ou diesel. Cela clarifie le débat.

Cependant, les problèmes de la voiture électrique restent entiers. Premièrement, la batterie alourdit beaucoup le véhicule et donc sa consommation : la batterie d’une Tesla modèle S pèse 500 kilos quand la voiture à hydrogène n’a pas ce problème. Deuxièmement, tirer partout de fortes quantités d’électricité et rapidement (bornes rapides) pour recharger des dizaines de millions de véhicules électriques nécessitera de renforcer fortement les réseaux électriques ce qui représente un coût très élevé, coût d’autant plus élevé qu’il faudra mettre des prises électriques de puissance, rapides mais couteuses notamment en termes de travaux publics, partout pour les recharger (Sur les trottoirs dans les villes, au bas des immeubles, à la campagne etc.). Sans compter que lorsque tous les automobilistes qui partent en vacances voudront recharger au même moment leur voiture, le réseau électrique de la très fréquentée route entre Paris et Marseille ne sera jamais assez puissant pour tenir. D’ailleurs, avoir assez de bornes de recharge sera complexe pour ces jours de grande circulation comme le démontrent les problèmes actuels en Californie ; les automobilistes peuvent attendre des heures pour recharger leur voiture pendant un voyage et encore faut-il déjà trouver la borne la moins encombrée pour recharger ! Pour une pompe à essence ou à hydrogène où l’on remplit son réservoir en 3 minutes, il faut 10 bornes électriques à haut débit où l’on remplit sa batterie en 30 minutes.

La voiture électrique ne sera pas la voiture écologique de masse. Elle sera probablement utilisée dans des cas marginaux pour les déplacements uniquement dans les villes et quelques autres applications de niche. On voit que les gouvernements par absence de réflexion stratégique nous emmènent dans une impasse. Il serait beaucoup plus intelligent de pousser les constructeurs automobiles à investir dans les voitures hydrogène plutôt que dans les voitures électriques avec bien sûr l’impulsion et l’aide des pouvoirs publics comme pour l’électrique.

C’est justement ce que dit le très respecté PDG de Peugeot, Carlos Tavares. Voilà ses propos relayés par les journaux 20 minutes et Ouest France : « Le monde est fou. Le fait que les autorités nous ordonnent d’aller dans une direction technologique, celle du véhicule électrique, est un gros tournant. Je ne voudrais pas que dans 30 ans on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air…  Qui traite la question de la mobilité propre dans sa globalité ? … Toute cette agitation, tout ce chaos, va se retourner contre nous parce que nous aurons pris de mauvaises décisions dans des contextes émotionnels. » et « Les gouvernements et les responsables politiques de l’Union européenne sont en train de prendre la responsabilité scientifique du choix de la technologie. »[4]. Voici ce que dit un grand patron, forcément prudent dans ses déclarations concernant des responsables politiques dont il dépend, sur les voitures électriques. Sur la technologie des voitures à hydrogène sur BFM et Automobile Propre, Tavares explique : « C’est une technologie qui nous intéresse vraiment », « je peux vous annoncer qu’en 2021 nous allons faire les premiers tests grandeurs nature de vente de véhicules à hydrogène du groupe PSA ». Le PDG précise : « Les premiers résultats sont très prometteurs donc nous pensons que cette technologie a de l’avenir… »[5]. Encore faudrait-il que l’Etat s’appuie sur et appuie ces grands industriels pour délivrer des voitures à hydrogène accessibles.

Pour équilibrer le monde de l’énergie de demain, il faudra bien un vecteur de stockage d’énergie (ce sera comme on l’a vu l’hydrogène) et utiliser les voitures à hydrogène. Précision, les voitures à hydrogène ont un moteur électrique : une pile à combustible transforme l’hydrogène et l’oxygène de l’air en électricité et en eau ; cette électricité est ensuite utilisée dans un moteur électrique classique. Une énergie stockable et propre. A l’appui de cette thèse, la Chine est en train de suivre cette stratégie de développement de l’hydrogène, le Japon voulait faire des JO de 2020, raté à cause du covid, la vitrine des technologies hydrogène[6]. Des véhicules hydrogène sont fabriqués en série par Toyota (mais aussi par Honda, Hyundaï et bientôt Peugeot, Audi et BMW[7]). Le seul problème étant leur prix (environ 60.000 euros) dû au cercle vicieux : cette voiture est trop chère donc on en fabrique peu, on fabrique peu cette voiture donc elle est trop chère. Ce cercle vicieux qui n’est qu’ « une impasse de marché » peut et doit être brisé par des décisions de l’Etat stratège pour lancer rapidement une production de masse à prix raisonnable.

 

Comment avoir des véhicules hydrogène à prix abordables rapidement et développer la production d’hydrogène ?

Les voitures de série à piles à combustibles sont déjà commercialisées et roulent déjà sur les routes. Remarquons que des trains à hydrogène ont été lancés par l’entreprise française Alstom pour remplacer les trains diesel des petites lignes. Certains sont en service en Allemagne[8]. Un bateau à hydrogène Energy Observer est en train de réaliser un tour du monde. Rien n’interdit de développer des motos, des bus et des camions à hydrogène. Et l’avion à hydrogène est l’avenir de l’aviation, la batterie électrique trop lourde étant totalement inadaptée au transport aérien.

 

Transformer l’énergie solaire et éolienne, nucléaire inutilisée en hydrogène.

L’électricité nucléaire et/ou l’électricité éolienne et solaire, seront utilisées pour produire de l’hydrogène. Des électrolyseurs géants permettront de convertir l’électricité en hydrogène. Installer dans chaque département, ils combineront l’avantage de créer de l’emploi dans les campagnes et petites villes françaises tout en rapprochant la production d’énergie de sa consommation.

Des entreprises ont développé ces électrolyseurs, elles n’attendent qu’un marché pour les installer massivement.

Comment marche un électrolyseur ?

On fait circuler de l’électricité entre deux électrodes placées dans l’eau. Cette électricité décompose l’eau en hydrogène et oxygène. La perte d’énergie est de 40% selon le CNRS.

Schéma de l’électrolyse de l’eau pour fabriquer de l’hydrogène à partir d’électricité

 

Le transport de l’hydrogène.

L’hydrogène peut être transporté par camion-citerne ou par pipeline. 1500 kilomètres de pipeline d’hydrogène ont déjà été construits et sont utilisés en Europe.

 

Le stockage de l’hydrogène

L’industrie chimique a l’habitude d’utiliser l’hydrogène. L’hydrogène est stocké dans des bouteilles sous forte pression (350 bars). Ce procédé est utilisé et donc testé depuis 20 ans.

 

L’utilisation de l’hydrogène

L’hydrogène peut être brûlé comme l’essence dans des moteurs à explosion ou dans des chaudières. Mais, il est plus efficace et plus sûr de transformer cet hydrogène en électricité dans des piles à combustibles. La réaction est l’inverse de celle de l’électrolyseur.

Le rendement de l’hydrogène dans le cycle.

Transformer l’électricité en hydrogène, puis l’hydrogène en électricité et finalement utiliser cette électricité dans un moteur électrique a un rendement global de 32,4% : 60% de rendement de l’électrolyseur par 60% de rendement de la pile à combustible par 90% de rendement du moteur électrique font bien 32,4%. Ce rendement est équivalent à celui de l’essence et du diesel dans un moteur classique. La classique réponse est : « c’est moins bon que la voiture électrique donc on ne doit pas l’utiliser » amène naturellement cette réponse. Un : oui c’est vrai mais la voiture électrique pose de nombreux problèmes presqu’insolubles (coût pour les réseaux électriques, bornes rapides en nombre suffisantes et les travaux publics innombrables nécessaires, problème des jours de vacances et du rechargement …). Deux : l’hydrogène permet d’utiliser l’électricité gaspillée, inutile à un moment donné et de la stocker, disposer d’une seule source d’énergie est irréaliste et dangereux.

Le coût du carburant hydrogène est-il compétitif ?

France stratégie, le Think Tank du gouvernement français donne un coût de l’hydrogène produit dans de grands électrolyseurs de 4 euros par kilos[9]. Une étude conjointe du CNRS, de l’école polytechnique et de l’INRA donne un coût de 4,5 euros par kilos et un coût de transport/distribution de 2 euros par kilos[10]. La marge de la station-service de quelques pourcents comme pour les stations essence actuelles est négligeables. Ce prix de 6,5 euros est un maximum car il n’est pas pris en compte l’économie d’échelle due à un Etat stratège, chef d’orchestre. Les 2 euros de coût de transport/distribution seront bien abaissés ; le transport d’hydrogène se fera de manière optimale avec une implantation centrale dans les départements des unités de production ; le prix d’achat de l’électricité pour produire de l’hydrogène sera faible (électricité nucléaire dont une partie importante aujourd’hui inutilisée la nuit donc au prix de revient faible ou électricité solaire et éolienne beaucoup moins cher que lors de la réalisation des calculs). Le prix de l’hydrogène à la pompe (certes fabriquée par gaz naturel) est d’ailleurs aujourd’hui en Allemagne de 9,5 euros le kilo ce qui démontre le réalisme de ces projections[11]. Des sources internes d’EDF m’ont cité un objectif cible accessible de 5 euros par kilogramme.

La Toyota Mirai, véhicule de série à hydrogène, affiche une consommation de 0,76 kilo d’hydrogène pour 100 km. Même sur la base d’un coût de l’hydrogène à la pompe de 6,5 euros par kilos, les 100 km coutent environ 5 euros. Pour une voiture à essence consommant 7 litres aux cent avec un prix de l’essence de 1,5 euros par litre, 100 km coûtent 10,5 euros, le double. Avec de l’hydrogène produit en masse, le carburant hydrogène coutera moins cher que l’essence et l’Etat français aura même la possibilité de le taxer comme l’essence (je plaisante !). Si ce n’est pas le cas, les taxes de TIPP manquantes seront compensées par le fait que l’électricité et l’hydrogène seront fabriqués en France et amèneront des recettes fiscales et des cotisations sociales très importantes alors que le pétrole est extrait à l’étranger et n’amène pas de recettes et de cotisations pour sa production.

Les voitures à pile à combustible sont-elles dès aujourd’hui abordables ?

Non. La référence des voitures à pile à combustible est la Toyota Mirai qui existe depuis maintenant 5 ans. Son autonomie est de 600 kilomètres avec son réservoir de 5 kilos d’hydrogène. Son prix est élevé (60.000 euros soit le double d’une voiture électrique) car elle est produite en très petite série (3000 par an) et étant produite en petite série son prix est élevé. Le département de l’énergie américain a prévu que la partie chère de la voiture à hydrogène, la pile à combustible coûte 2000 euros quand elle sera produite à 500.000 exemplaires, rendant la voiture hydrogène très compétitive.

Comment passer à un prix raisonnable de la voiture à pile à combustible ?

L’objectif simple est de passer à un modèle de production en grande série qui permette des prix beaucoup plus bas.

Comment faire ?

Nous avons 2 choix. Laisser faire « le marché », et attendre 20 ans que les prix des voitures à pile à combustible baissent, lentement mais surement, comme on l’a fait avec les voitures électriques. Il faudra donner des subventions du gouvernement élevées d’un minimum de 10.000 euros par voiture comme pour la Renault Zoé pour aider le marché à décoller. Lent et cher.

L’autre choix est de satisfaire le désir des citoyens des grandes villes et de leurs banlieues aisées comme Paris, Lyon, Bordeaux, Nice, Grenoble, Strasbourg, Nantes (etc.) d’avoir un air propre, sans particules fines.

L’Etat fixe avec les constructeurs automobiles une date déclencheur (dans 5 à 7 ans) ou les seules voitures neuves autorisées à l’achat dans ces grandes villes seront des voitures propres, à hydrogène (ou électriques)[12]. Le système doit favoriser l’hydrogène beaucoup plus vertueux pour l’avenir énergétique du pays dans son ensemble.

Une telle utilisation de l’Etat stratège, permet d’avoir instantanément des volumes importants et donc des prix abordables pour les voitures à hydrogène. La montée en puissance sur 5/7 ans pour découvrir puis roder les chaines de fabrication des constructeurs se fait comme toujours avec des subventions à l’achat, des voitures de société hydrogène détaxées et tous les mécanismes traditionnels. C’est exactement ce qu’a fait la Chine pour que les scooters électriques remplacent les scooters diesel/essence dans les grandes villes[13]. Et cela a parfaitement fonctionné : quelques années après, les scooters sont tous électriques dans les grandes villes chinoises.

En cette période anti Etat, certains trouveront ce plan dirigiste mais les solutions actuelles sont nettement plus dirigistes : c’est l’interdiction de circulation qui menace partout (périphérique prévu à 2 voies et 50 km/h, vitesse de 30 km/h prévue dans les métropoles et multiplication des interdictions de voitures en ville …)

 

Les coûts des stations-services sont-ils un problème ?

Au Japon, ou les normes sont les plus drastiques, le coût des stations-services hydrogène est d’environ 3 millions d’euros. Il y a une centaine de stations-services. L’Allemagne en compte 43.

La France compte environ 10.000 stations-service classiques. L’investissement initial pour les grandes villes sera relativement faible de l’ordre du milliard d’euros. L’investissement se fera ensuite dans le temps. Avec les économies d’échelle, un coût (investissement) maximal de 10 milliards d’euros est probable. Ce n’est rien du tout par rapport à l’enjeu !

Train, bus, camions, motos et avions à hydrogène.

Alstom produit déjà des trains à hydrogène qui sont aujourd’hui vendus … en Allemagne. Remplacer toutes les locomotives diesel par des locomotives hydrogène sur les lignes non électrifiées de France serait un bon moteur de développement de l’industrie hydrogène. Les bus à hydrogène du secteur public peuvent aussi être une rampe de lancement. Enfin, le puissant groupement de l’aéronautique français, le GIFAS, affirme qu’un avion à hydrogène peut être lancée dès 2035[14]. Un formidable marché pour l’avion sans CO2 alors que l’aviation est menacée par les « opposants écologistes ».

 

Conclusion :

La France doit-elle faire un tel pari ? Un plan de cette envergure doit être révisé et revu de façon objective chaque année pour vérifier que le chemin et le rythme restent bons. Je proposai déjà ce plan massif sur la voiture à pile à combustible en 2014 dans mon livre publié chez Fayard « la transition énergétique, une énergie moins chère et un million d’emplois créés ». En 2016, le Japon a fait de l’hydrogène un objectif clé : devenir la première « société hydrogène » au monde [15][16]  avec comme premier objectif les JO de 2020. Un haut responsable chinois a aussi déclaré en 2019 vouloir créer la première société de l’hydrogène[17] et un plan gouvernemental d’envergure a été lancé. Nous ne serons pas seuls. La France est capable de le faire et de le faire très bien : c’est ce qu’avait prouvé la réussite du plan des années 70 visant à basculer de l’électricité fossile à l’électricité nucléaire en France en 20 ans. Nous étions capables de réaliser un programme énorme de production d’électricité sans CO2 en 20 ans, pourquoi serions-nous incapables aujourd’hui alors que l’enjeu est énorme : c’est le climat et la capacité à ne plus polluer, le problème du difficile accès actuel aux ressources énergétiques comme le pétrole qui est en jeu.

J’ai dans mon premier livre « La transition énergétique, une énergie moins chère » parler de ce sujet dès 2014 et j’en ai reparlé dans le livre beaucoup plus complet sur tous les thèmes de l’écologie « Comment réaliser la transition écologique, un défi passionnant ? » en 2020. Soyons objectif, je suis une des rares personnes en France parmi les penseurs de la transition énergétique à affirmer et démontrer que l’hydrogène est nécessaire. En France seulement puisque Japon, Chine et Allemagne maintenant pensent différemment. D’ailleurs des gigantesques plans d’investissement dans l’hydrogène sont faits partout dans le monde que ce soit par les Etats ou les investisseurs privés. Par exemple, l’Allemagne a dévoilé qu’elle va investir 33 milliards d’euros dans 62 projets hydrogène[18]. L’Allemagne lance une flotte pilote de 14 trains à hydrogène fournis par le Français Alstom[19]. Qu’attendons-nous donc pour nous lancer ? Que tous les pays l’aient compris et nous aient devancé ? La France et son Etat stratège peuvent être très efficace en ce domaine, comme ils l’ont été dans le domaine des centrales nucléaires il y a 30 ans de cela. Ce serait dommage de rater le coche alors que l’emploi, la prospérité, l’indépendance nationale et le climat sont en jeu.

[1] Lire «Les techniques de production au stade industriel » page 15 du rapport de l’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques page 15 à 21 sur l’hydrogène  https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Techniques_prod_H2_web.pdf

[2] Si par chance, nous découvrons demain des batteries très efficaces permettant de stocker de grandes quantités d’électricité à moindre coût, il sera toujours possible de changer de modèle énergétique, de se passer des électrolyseurs et de rééquilibrer vers l’électrique. Ceci est aujourd’hui hautement spéculatif.

[3] Source ADEME, Science et Avenir, https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/avisademe-vehicule-electrique.pdf https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/les-voitures-electriques-sont-elles-polluantes_128241

[4] « Oui, le patron de PSA a bien exprimé des réserves sur l’essor de la voiture électrique (qu’il fabrique) », 20 minutes   https://www.20minutes.fr/economie/2360899-20181025-oui-patron-psa-bien-exprime-reserves-essor-voiture-electrique-fabrique

 

[5]  « Les constructeurs français misent sur l’hydrogène… pour leurs utilitaires », BFM et  « Carlos Tavares : entre hydrogène et période agitée chez PSA »,  Automobile propre https://auto.bfmtv.com/actualite/les-constructeurs-francais-misent-sur-l-hydrogene-pour-leurs-utilitaires-1791833.html et https://www.automobile-propre.com/breves/carlos-tavares-entre-hydrogene-et-periode-agitee-chez-psa/

[6] https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/voiture-a-hydrogene-la-chine-lance-son-grand-bond-en-avant-1714043.html et http://premium.lefigaro.fr/societes/2019/02/21/20005-20190221ARTFIG00218-le-japon-veut-faire-des-jeux-de-2020-la-vitrine-de-la-pile-a-combustible.php

[7] « Voiture, l’hydrogène s’invite à bord », Paris Match ( Sic !)  https://www.parismatch.com/Vivre/Auto-Moto/Voiture-L-hydrogene-s-invite-a-bord-1619316

[8] « Le premier train à hydrogène entre en exploitation en Allemagne » Le Parisien http://www.leparisien.fr/economie/allemagne-le-premier-train-a-hydrogene-entre-en-exploitation-17-09-2018-7891488.php

[9] https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/201-08-06na-fs-hydrogene-hd.pdf

[10] https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01116997/document

[11] https://www.turbo.fr/toyota/mirai/essai-auto/essai-toyota-mirai-2015-1972

[12] Les ventes de voitures neuves en France sont d’environ 2 millions de véhicules par an. Pour les grandes métropoles et banlieues favorisées, les ventes sont au dessus de 300.000 véhicules par an.

[13] « Comment les deux roues électriques se sont imposés sur le pavé chinois » https://www.lesechos.fr/2016/11/comment-les-deux-roues-electriques-se-sont-imposes-sur-le-pave-chinois-212785

[14] « Avion 0 carbone en 2035 : « faisable selon les industriels »

https://www.gifas.fr/press-summary/avion-zero-carbone-en-2035-faisable-selon-les-industriels

[15] « La stratégie hydrogène du Japon » Connaissance des énergies https://www.connaissancedesenergies.org/la-strategie-hydrogene-du-japon-181009

[16] « La stratégie de développement de l’hydrogène au Japon » France Stratégie https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2017/09/11/la-strategie-de-developpement-de-l-hydrogene-au-japon

[17] « Voiture à hydrogène, la Chine lance son grand bond en avant » BFM Business https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/voiture-a-hydrogene-la-chine-lance-son-grand-bond-en-avant-1714043.html

[18] Hydrogène : en Allemagne, la R&D accélère

https://www.lesechos.fr/partenaires/germany-works/hydrogene-en-allemagne-la-rd-accelere-1355325#:~:text=L%27Allemagne%20pr%C3%A9voit%20d%27investir,de%20l%27%C3%A9nergie%20du%20futur.

[19] L’Allemagne lance une flotte de trains 100% à hydrogène, une première mondiale

https://www.lefigaro.fr/voyages/premiere-mondiale-l-allemagne-lance-une-flotte-de-trains-a-hydrogene-20220824

Impasse aux Pays-Bas : élevage surdimensionné et manifestation monstre des agriculteurs.

Les Pays-Bas sont les champions de l’élevage intensif et le premier exportateur européen de viande. Une situation absurde pour un si petit pays : 100 millions de têtes de bétail pour un pays de 40.000 km2 représentent 2.500 têtes de bétail par km2. A cause des déjections animales, les sols et les eaux sont massivement pollués par les nitrates et on assiste une prolifération massive d’algues vertes.

Le gouvernement hollandais est pressé par les tribunaux nationaux et européens de réduire ces rejets polluants. Le gouvernement a tranché : il imposera aux éleveurs de réduire de 30% le nombre de têtes de bétail d’ici 2030. La baisse doit atteindre 70% dans 131 zones clés, la plupart proches de réserves naturelles et de terres protégées. Si les fermes ne peuvent supporter économiquement cette réduction, le gouvernement serait prêt à indemniser les agriculteurs. Ayant peur de devoir arrêter à terme leur métier, les agriculteurs mobilisés bloquent les centres de distribution des supermarchés et menacent de bloquer le principal aéroport du pays. Ils ont déclaré qu’ils poursuivraient les blocages jusqu’à ce que ce plan soit abandonné.

Conclusion.

Imposer par les tribunaux des actions politiques est le meilleur moyen d’empoisonner le débat et la vie publique. Ce mauvais fonctionnement de la démocratie ne peut qu’attiser la colère. Encore fallait-il que le pouvoir politique s’attaque à temps à de telles problématiques pour mettre en place des solutions intelligentes.

La politique de laisser-faire des gouvernements hollandais, fidèle au crédo libéral, a conduit le pays dans une impasse : un élevage intensif proliférant dans un si petit pays est l’assurance d’une pollution irrémédiable des terres et des eaux par les excréments des animaux. Et cet élevage intensif a été développé en prenant des parts de marché à l’élevage extensif de France et d’ailleurs, à taille humaine, meilleure pour le bien-être animal, l’environnement et la santé des consommateurs. Les règlementations par l’Etat sont bien une nécessité contrairement au crédo libéral, sous peine de laisser se développer de telles situations aberrantes.

Trouver des solutions aujourd’hui est éminemment difficile. Le choix du gouvernement hollandais est-il le bon ? Les décisions prises laisseraient prospérer un élevage intensif à un étiage 30% plus bas. Ce n’est pas forcément un choix très judicieux pour le moyen terme. Les Hollandais n’ont que des choix perdants humainement et économiquement. C’est à eux de trouver les solutions en accord avec leur culture et leur projet national, solutions d’autant plus difficiles à trouver qu’elles sont contraintes par la politique agricole commune décidée à Bruxelles.

Proposer plusieurs solutions aux citoyens avec un grand débat public et un référendum à la clé semble le meilleur chemin pour se sortir de cette impasse. Les décisions seront forcément douloureuses mais elles seront réfléchies, votées et donc acceptées par la grande majorité des citoyens hollandais.

 

Le programme économique de Mélenchon, l’avenir en commun

  1. Résumé Conclusion.

a. Le plan A plan B de Mélenchon concernant l’Union Européenne a été transformé et est devenu complètement irréaliste.

Le Plan A Plan B de 2017 consistait soit à changer radicalement l’Union Européenne (indépendance de la BCE, protectionnisme, harmonisation fiscale et sociale européenne, fin de la libéralisation des services publics) soit à sortir unilatéralement de l’UE. C’était quoi qu’on en dise quelque chose de réaliste, de faisable, au moins la partie B du plan.

Le nouveau plan A plan B de Mélenchon, c’est soit on arrive à changer les traités européens et l’UE, soit la France désobéit et fait ce qu’elle veut dans l’UE.

Plan A : le changement des traités européens se faisant obligatoirement à l’unanimité, cette voie est très improbable (A moins d’imaginer que le paradis fiscal luxembourgeois accepte sa ruine avec la fin de l’évasion fiscale, que l’Allemagne accepte de ne plus faire de libre échange avec l’extérieur ce qui lui serait défavorable vue qu’elle a 250 milliards d’euros d’excédent commercial…).

Plan B : « La France désobéit et fait ce qu’elle veut ». Un club défini par des règles communes se satisfait rarement qu’un des 27 membres décide de s’affranchir de toutes règles qui lui déplaisent. Cela menace immédiatement l’existence du club. L’Union Européenne disposant de la gestion de la monnaie par la BCE pourra alors asphyxier doucement mais surement l’économie française en arrêtant d’acheter des emprunts d’Etat français ou en arrêtant de prêter le moindre argent aux banques françaises qui ont besoin pour fonctionner en tant que banque d’emprunter chaque jour des dizaines de milliards d’euros à la BCE. Voilà pourquoi le nouveau Plan A Plan B de Mélenchon est complètement irréaliste.

Mélenchon veut utiliser le droit de véto de la France pour refuser tout nouvel accord de libre-échange. Les accords de libre échange peuvent être voté uniquement à la majorité qualifiée et ils n’ont plus besoin de passer devant les parlements nationaux (sauf les chapitres concernant l’investissement étranger). https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/05/23/20002-20180523ARTFIG00300-l-ue-pourra-conclure-certains-accords-sans-l-aval-des-parlements-nationaux.php et file:///C:/Users/User/Downloads/note_d_info_juridique_cycle_de_vie_ale_de_l_ue.pdf

Mélenchon souhaite utiliser le levier de la contribution française au budget de l’UE (13 milliards net), ce qui est un faible atout aujourd’hui. Ces 13 milliards d’euros net ne sont rien par rapport aux sommes déversées par la BCE en achat d’emprunt d’état ou en prêt aux banques françaises.

Enfin Mélenchon souhaite construire des coopérations plus approfondies avec les Etats qui le souhaitent en matière sociale, écologique, culturelle, éducative.

 

 

 

 

Toute cette partie intéressante du programme est par conséquent caduque :

. Adopter des mesures anti-dumping social pour les industries stratégiques (Décision au niveau de l’UE qui en parle depuis 10 ans sans jamais le faire).

. Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays (difficile voire impossible avec les accords de libre-échange).

. Instaurer des droits de douane sur des critères écologiques et sociaux (Décision au niveau de l’UE qui en parle depuis 10 ans sans jamais le faire).

. Contrôler les mouvements de capitaux (interdit dans l’UE).

. Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée et écologique et créer 300 000 emplois agricoles (impossible avec la PAC, la concurrence des autres pays européens et même du monde entier à cause du marché unique et des accords de libre-échange).

. Interdire les fermes-usines d’élevage intensif et les pratiques cruelles (Possible en France mais en laissant exporter par les autres pays européens ces viandes d’élevage intensif).

 

b. Un programme irénique, empreint d’une naïveté voulue ou jouée ?

Mélenchon observe tout ce qui ne va pas dans l’économie et impose « une interdiction de ce qui ne va pas ». Par exemple : interdiction d’expulsion sans relogement public. Il oublie les effets de bord, les hommes n’étant pas des saints : puisque je ne peux pas être expulsé sans relogement, je ne fais pas trop d’effort pour payer mon loyer. Sans compter le manque de logements publics. La logique de Mélenchon est empreinte de naïveté et d’irénisme.

Il ne cherche pas à trouver des solutions profondes au problème du logement, de la faible hausse du Smic etc. Notre industrie n’est pas compétitive à cause d’une monnaie trop chère et les gouvernements français bloquent le Smic pour réparer ce problème ce qui est efficace, mais à la marge (la preuve en est notre déficit commercial record). Autre exemple, Mélenchon propose de donner 1000 euros par mois pour chaque jeune qui s’inscrirait dans l’enseignement professionnel alors que de nombreux jeunes profiteront de l’effet d’aubaine en ne s’inscrivant que pour toucher un salaire proche du Smic.

Augmenter de 10% le Smic en restant dans l’euro et l’Union Européenne revient à détruire nos moyens de production nationaux et les emplois. Le faire hors de l’euro et de l’Union Européenne est possible comme l’a démontré le Royaume-Uni après le Brexit.

Autre défaut du même calibre : demander au service public ce qu’il ne peut pas faire bien, pas mieux que le secteur privé, par exemple, « Créer un service public du réemploi et de la réparation ».

 Recension ici de toutes les mesures iréniques ou irréalistes du programme de Mélenchon :

. Créer 1 million d’emplois publics en plus (Ehpad, santé, éducation nationale, justice…).

. Un héritage maximal à 12 millions d’euros et des droits de succession plus élevés.

. Interdire l’expulsion locative sans garantie d’un logement public.

. Droit de véto suspensif sur les plans de licenciement.

. Taxer les entreprises ayant bénéficié de la crise sanitaire pour l’investir dans l’écologie.

. Sortir du nucléaire sans date de sortie annoncée

. Chaque chômeur de longue durée se verra offrir un emploi au Smic dans un secteur d’urgence (et les qualifications ?)

. Smic net augmenté de 10% à 1400 euros par mois (sans sortir de l’euro).

. Allocation de 1000 euros par mois pour tout jeune allant dans l’enseignement professionnel.

. Fixer un salaire maximal pour que l’écart des salaires dans une entreprise soit au plus 20 fois le salaire minimal

. Une taxe foncière progressive.

. Créer un service public de réparation et du réemploi

. Les pauvres « pourront bénéficier des réductions d’impôts des riches » car elles seront transformées en crédit d’impôt. L’Etat pourra ainsi payer des impôts aux plus pauvres.

. Investir 200 milliards d’euros pour la transition écologique financé par les taxes sur les entreprises polluantes et l’ISF.

 

  1. Analyse du programme de Mélenchon :

Toutes les mesures permettant d’augmenter la production, assez peu détaillées d’ailleurs, sont donc caduques.

Ne reste que la partie hausse des dépenses publiques, hausse du pouvoir d’achat par la hausse du Smic et des salaires, la création de 1 million de postes de fonctionnaire, la retraite à 60 ans au lieu de 62, la réduction de la TVA sur les produits de première nécessité, les crédits d’impôts pour les moins aisés…

Les dépenses publiques sont innombrables avec quasiment aucune recette en face si ce n’est le rétablissement de l’ISF et la lutte contre la fraude fiscale rendue quasiment impossible par l’Union Européenne des paradis fiscaux et le droit de véto sur les affaires de fiscalité (Luxembourg, Irlande, Malte, Chypre, Hollande etc.).

De nombreuses mesures sont tellement irréalistes qu’elles bloqueraient complètement l’économie française : allocation de 1000 euros par mois pour tout jeune allant dans l’enseignement professionnel (pour travailler ou pour toucher de l’argent ?), éliminer le chômage des jeunes grâce à un emploi public de 5 ans spécifique, droit de véto suspensif sur les plans de licenciement.

Il y a de vraies réflexions sur certains problèmes touchant l’économie française, notamment la financiarisation, mais le programme est très démagogique et irréaliste.

Le programme est un plan de relance par la hausse des salaires, les aides sociales diverses et une forte dépense publique, à la création de beaucoup d’emplois sans certitude aucune de leur utilité économique et sociale, à un déséquilibre majeur des comptes publics et extérieurs, à une hausse importante de l’inflation.

Il aboutirait à une envolée des importations sans parvenir à augmenter la production. La hausse des salaires sans dévaluation aboutirait probablement à une baisse des exportations.

C’est le programme commun de Mitterrand de 1981 à 1983 en pire car comme Mitterrand, Mélenchon refuse la nécessaire dévaluation du franc pour rendre positif ce fort programme de relance. Il refuse aussi de s’affranchir de façon réaliste des contraintes de l’UE qui sont dix fois plus fortes qu’en 1983.

 

  1. Les mesures du programme de Mélenchon par thème.

Mesures globales

. Mélenchon refuse tout nouvel accord de libre-échange grâce à un droit de véto inexistant (les accords se votent à la majorité qualifiée). Théoriquement impossible dans l’UE

. Mélenchon souhaite utiliser le levier de la contribution française au budget de l’UE (13 milliards net) pour faire plier l’UE, ce qui est un faible atout aujourd’hui. Ces 13 milliards d’euros ne sont rien par rapport aux sommes déversées par la BCE en achat d’emprunt d’Etat ou en prêt aux banques françaises.

. Mélenchon souhaite construire des coopérations plus approfondies avec les Etats qui le souhaitent en matière sociale, écologique, culturelle, éducative.

. Instaurer des droits de douane sur des critères écologiques et sociaux (Décision au niveau de l’UE qui en parle depuis 10 ans sans jamais le faire).

. Adopter des mesures anti-dumping social pour les industries stratégiques (Décision au niveau de l’UE qui en parle depuis 10 ans sans jamais le faire). Impossible dans l’UE

. Relocaliser les productions essentielles à la vie de notre pays (difficile voire impossible avec les accords de libre-échange). Impossible dans l’UE

. Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée et écologique et créer 300 000 emplois agricoles. Impossible dans l’UE avec la PAC, la concurrence des autres pays européens et même du monde entier à cause du marché unique et des accords de libre-échange).

. Interdire les fermes-usines d’élevage intensif et les pratiques cruelles (Possible en France mais en laissant l’importation en France par les autres pays européens ces viandes d’élevage intensif). Virtuellement impossible dans l’UE

 

Emploi

. Smic net augmenté de 10% à 1400 euros par mois

. Augmenter l’ensemble des salaires en mettant en place des commissions salariales dans les entreprises

. Fixer un salaire maximal pour que l’écart des salaires dans une entreprise soit au plus 20 fois le salaire minimal

. Droit de véto suspensif sur les plans de licenciement. Instauration d’un vote de défiance dans l’entreprise.

. En cas de rachat, droit de préemption pour que les salariés reprennent leur entreprise sous forme de coopérative.

. Chaque chômeur de longue durée se verra offrir un emploi au Smic dans un secteur d’urgence (et les qualifications ?)

. Réquisitionner une année la part des bénéfices des grandes entreprises au-dessus de la progression moyenne de la moyenne du Cac 40.

 

Pouvoir d’achat

. Réduire la TVA sur les produits de première nécessité et remettre une TVA grand luxe pour la financer.

. Encadrer le prix des produits alimentaires de première nécessité, plafonner les frais bancaires.

. Rendre l’impôt sur le revenu plus progressif avec 14 tranches

 

Entreprises

. Un impôt sur les sociétés inférieur pour les bénéfices réinvestis et supérieur pour les bénéfices distribués.

. Un impôt sur les sociétés progressif.

. Egalité entre l’impôt sur le capital et celui sur le travail.

. Taxer les entreprises ayant bénéficié de la crise sanitaire pour l’investir dans l’écologie.

. Développer l’économie sociale et solidaire (les coopératives, les entreprises coopératives…)

 

Jeunes

. Allocation de 1000 euros par mois pour chaque jeune qui s’inscrit dans l’enseignement professionnel.

. Eliminer le chômage des jeunes grâce à un emploi public de 5 ans spécifique.

 

Fonction publique

 

. Titulariser les 800 000 contractuels de la fonction publique et créer 1 million d’emplois publics en plus (Ehpad, santé, éducation nationale, justice…).

. Renationaliser » la SNCF et la relancer. Supprimer les lignes aériennes courtes

. Renationaliser les autoroutes et les aéroports stratégiques

. Moratoire sur les partenariats public privé

 

Retraites

. Retraites à 60 ans à taux plein

 Agriculture

. Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée et écologique et créer 300 000 emplois agricoles

. Interdire les fermes-usines d’élevage intensif et les pratiques cruelles

 

Dette publique

. Imposer à la BCE qu’elle achète toute la dette publique en circulation sur les marchés financiers donc toute la dette publique. Cette dette ne sera jamais remboursée (transformée en dette perpétuelle  à taux 0).

. La dette publique illégitime pourra être renégociée.

. Remetttre en place un circuit du trésor pour que l’Etat puisse se financer sans les marchés financiers

 

Finance

. Nationaliser quelques banques généralistes pour mieux financer les TPE et financer l’Etat français.

. Taxe sur les transactions financières

. Contrôler les mouvements de capitaux.

. Séparation des banques d’affaire et de détail.

. Interdire les rachats d’entreprise avec endettement par les financiers (LBO)

 

Fiscalité

. Rétablir l’ISF en le durcissant, avec un volet climatique.

. Rendre la CSG progressive.

. Une taxe foncière progressive.

. Un héritage maximal à 12 millions d’euros et des droits de succession plus élevés.

. Les pauvres « pourront bénéficier des réductions d’impôts des riches » car elles seront transformées en crédit d’impôt. L’Etat pourra ainsi payer des impôts aux plus pauvres.

. Faire de la lutte contre l’évasion fiscale une priorité. Poursuite judiciaire plus dure contre l’évasion fiscale.

 

Logement

. Interdire l’expulsion locative sans garantie d’un logement public.

. Construire 200.000 logements publics par an.

. Encadrer les loyers partout.

. Mettre en place un « permis de louer » pour éviter le logement indigne.

. Réquisitionner les logements vides et les mettre sur le marché.

 

Energie et écologie

. Investir 200 milliards d’euros pour la transition écologique financé par les taxes sur les entreprises polluantes et l’ISF

. Sortir du nucléaire sans date de sortie annoncée

. Abolir l’obsolescence programmée et allonger les durées de garantie légale

. Service public de réparation et du réemploi

 

 

Le bilan économique calamiteux de Macron, maquillé comme une voiture volée

Le calamiteux bilan économique de Monsieur Macron

Bien sûr, le président Macron est le président des très riches qu’il enrichit avec les moyens de l’Etat : baisses d’impôts, contrats divers et variés aux frais du contribuable etc.

Tous les autres sont livrés au grand bain du marché mondialisé, un marché aux requins, et sont perdants. Du libéralisme pour les classes moyennes, de l’ubérisation pour les pauvres, de l’étatisme pour les riches. Bilan : pas de croissance, explosion de la dette publique et paupérisation progressive des Français.

Malgré son échec, Macron a réussi à maquiller son bilan par une baisse du chômage avec :

1,2 millions d’auto entrepreneurs en plus payés 600 euros par mois, 400.000 personnes encore en chômage partiel, + 200.000 apprentis payés par l’Etat.

Macron, c’est à la fois le pire du Thatchérisme et le pire du socialisme.

Baisse d’impôts pour les plus riches, précarisation du travail, 1,2 million d’auto entrepreneurs à 600 euros en plus, détricotage des services publics d’un côté.

Explosion de 600 milliards de la dette publique de l’autre côté.

Dur avec les classes moyennes et populaires, généreux et même caressant avec les puissants.

La croissance a été très faible pendant le quinquennat de Macron : +0,5% par an en moyenne. Le PIB de la France en 2021 est quasiment celui de 2018 (à 0,2% près).

Et tout cela malgré des dépenses publiques pour relancer la croissance qui ont fait augmenter la dette publique de 600 Milliards !

Macron prend les finances publiques en bon état. Il a fait exploser le déficit public qui est à 7% du PIB en 2021 !

Ce n’est pas le covid, c’est la gestion absurde du Covid avec la fermeture de la France qui a coûté des fortunes. La Suède n’a pas « confiné, bouclé le pays » et s’en est félicitée avec 25% de morts de moins par habitant que la France. La Suède a vu sa dette publique quasiment stagné entre 2019 et 2021 : de 35% du PIB à 35,5% du PIB. Et le PIB de la Suède est au dernier trimestre 3% au-dessus de fin 2019 quand il est au même niveau en France.

Non la gestion macroniste de la crise du covid n’est pas une bonne gestion économique. La croissance est largement en dessous de celle des USA et de la Suède avec une mortalité équivalente. Et l’explosion de la dette publique coutera chère à l’avenir.

La production industrielle est en baisse de 5% et les emplois de 1%.

Le problème, c’est que la destruction de l’industrie, c’est la destruction de la prospérité des Français

Le déficit commercial a établi un record à -82 milliards d’euros, signe de déclassement de la France. Les exportations ne permettant pas de payer les importations, la France s’endette ainsi à l’étranger, ce qui la rend dépendante et fragile. Ce genre de situation finit toujours mal si on n’y met pas fin par un changement de politique économique.

 

Le gouvernement Macron se vante souvent d’avoir fait exploser la création d’entreprises.

Il n’en est rien, le nombre de création d’entreprises est stable. Ce gouvernement a fait exploser le nombre d’autoentrepreneurs, un statut qui prend le pire du statut des salariés et le pire du statut des entrepreneurs : pas de salaire et d’argent garanti à la fin du mois, une faible protection sociale et le plus souvent très peu de chance de voir son entreprise devenir une vraie entreprise à terme et les dividendes tomber.

C’est le statut de la précarité, le statut du livreur à vélo, en scooter ou en voiture.

 

La France sous Macron, ce n’est pas la start-up Nation mais la Nation des auto-entrepreneurs, précaires, avec un revenu de la moitié du Smic !

L’emploi salarié a augmenté de 800.000 personnes sous Macron contre 500.000 sous Hollande. C’est une des rares « réussites » de Macron. Son coût 600 milliards de dette publique en plus soit 0,75 millions d’euros par emploi.

Différents artifices ont été utilisés :

  • Des contrats d’apprentissage presqu’intégralement payés par l’Etat, gratuits pour les entreprises. 8000 euros de prime à l’embauche pour des salaires de 600 euros par mois. 200.000 apprentis en plus sous Macron.
  • Encore 400.000 personnes sont en chômage partiel payé par l’Etat au 31 décembre 2021 et ne sont pas comptabilisés dans les chiffres du chômage.
  • Enfin, les chômeurs, découragés par le manque d’emploi, préfèrent maintenant devenir auto entrepreneurs … à 600 euros par mois. Or, le nombre d’auto entrepreneurs a doublé sous Macron pour passer à 2,4 millions de personnes ! Ils ne sont dans la plupart des cas plus inscrits à Pole Emploi. On fait ainsi passer 1,2 million de chômeurs à 1,2 million de personnes payées la moitié du Smic. Sur les 2,4 millions d’auto entrepreneurs, la moitié ont 0 chiffre d’affaire, l’autre moitié gagne 600 euros par mois.

Le chômage

Ces mêmes artifices permettent de faire baisser artificiellement le chômage.
En catégorie A, il y a une « baisse de 400.000 chômeurs », en catégorie ABCD il reste 6 millions de personnes inscrites à Pole Emploi contre 6,2 millions quand Macron prend le pouvoir.

Le taux de chômage de 7,4% de l’Insee ne veut plus rien dire. Ce chiffre obtenu par un sondage (sic !) ne fait que diverger avec le vrai chiffre, celui des chômeurs inscrits à Pole Emploi. D’ailleurs, pour calculer ce taux, l’Insee ose dire qu’il y a aujourd’hui 2,2 millions de chômeurs en France quand 6 millions sont inscrits à Pole Emploi en catégorie ABCD !

Pouvoir d’achat

Il est difficile de se reposer sur les données de l’Insee qui annonce sans cesse des hausses de pouvoir d’achat quand les Français ressentent exactement l’inverse et ont largement manifesté (gilets jaunes) dans la rue pour leur pouvoir d’achat. Ainsi, en 2021, les prix ont augmenté en France de 2,1% par rapport à l’ensemble de l’année 2020 selon Eurostat. Les salaires ont eux augmenté de 1,3%. Le pouvoir d’achat a donc nettement diminué en 2021 de  0,8%.

L’Insee dit que le pouvoir d’achat a augmenté sous Macron quand seulement 22% des Français jugent le bilan positif de Macron sur le pouvoir d’achat. https://www.lejdd.fr/Politique/sondage-seuls-22-des-francais-jugent-positif-le-bilan-de-macron-sur-le-pouvoir-dachat-4094935

Un peu comme avec le fameux « sentiment d’insécurité » renvoyé aux Français par des politiques niant l’aggravation de l’insécurité, il y aurait un « sentiment de perte de pouvoir d’achat » avec un gouvernement qui nous parle de hausse de pouvoir d’achat et des Français qui constatent une baisse de leur niveau de vie.

Dans un sondage de fin 2021, 60% des Français disent que leur pouvoir d’achat a baissé depuis 2017, 20% qu’il a augmenté, 20% qu’il est stable. https://www.ouest-france.fr/economie/57-des-francais-ont-l-impression-que-leur-pouvoir-d-achat-a-baisse-depuis-2017-selon-un-sondage-43d90926-317b-11ec-a94b-0a3292b9dbf1

 

Pauvreté

Impossible d’estimer le niveau de pauvreté avec l’Insee puisque les derniers chiffres datent d’il y a 2 ans.

Tentons une estimation par un autre moyen : en 2009, 2,6 millions de personnes vivaient grâce à l’aide alimentaire, en 2017 5,5 millions de personnes la réclamaient. En 2020, c’est 7 millions de personnes qui bénéficient de l’aide alimentaire en France selon le secours catholique.

20% des Français sautent un repas par jour faute de moyens https://www.mieuxvivre-votreargent.fr/vie-pratique/budget-de-la-famille/2021/09/09/budget-20-des-francais-sont-contraints-de-sauter-un-repas-faute-de-moyens/

30% des Français renoncent à se soigner faute d’argent.

https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/social/trois-francais-sur-dix-renoncent-a-se-soigner-pour-des-raisons-financieres_AN-201810090086.html

 

Les gagnants du quinquennat Macron

38.000 personnes perçoivent les 2/3 des revenus du capital en France.
Les réformes de Macron d’abandon de l’ISF à l’exception de l’immobilier, la forte baisse des taxes sur les plus-values financières, sur l’impôt sur les bénéfices et la baisse de la taxation des dividendes sont une aubaine pour ceux-là uniquement.

https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/les-chiffres-sont-absolument-hallucinants-la-gauche-du-senat-s-empare-d-un

Les mesures Macron ont permis au 1% les plus riches de gagner 24.000 euros par an de revenu en plus quand les 99% ont eu des queues de cerise.

Les 500 plus grandes fortunes françaises ont vu leur patrimoine passé de 500 milliards d’euros en 2017 à 1000 milliards d’euros en 2022. Un doublement ! Entre 1997 et 2022, la fortune des 500 familles les plus riches est passé de 80 milliards à 1000 milliards d’euros !

Macron est bien le président des très riches.

 

Destruction des services publics

Macron a continué à détruire les services publics qui sont maintenant en voie de décomposition voire de pourrissement. Le personnel parle de maltraitance à son encontre (écoutez ce qui se passe à l’hôpital) et cela finit par avoir d’énormes conséquences.

Pour l’hôpital fermeture de 17000 lits en 5 ans dont 5700 en 2020 en pleine pandémie. Départ de soignants dégoûtés par leurs conditions de travail et de plus de 15.000 soignants (chiffres de Véran, d’autres chiffres sont beaucoup plus élevés) suspendus sine die car ne voulant pas se faire vacciner. Et rien n’a été prévu pour augmenter suffisamment leurs salaires, améliorer leurs conditions de travail, réduire fortement le personnel administratif (35% de personnel administratif et technique dans l’hôpital public) pour renflouer le nombre de soignants. Les accords de Ségur n’ont ni éteint la colère ni arrêté les vagues de départ; ces accords ne sont donc pas bons. L’hôpital public se meurt. Nos gouvernants ont économisé quelques milliards d’euros et ont dû en dépenser 200 milliards pendant la crise du covid car il fallait absolument fermer la société, arrêter l’économie car l’hôpital était saturé ! Des génies.

La justice : moins médiatisé, le personnel composant la justice manifeste régulièrement pour là aussi demander des moyens de rendre justice de façon correcte. Des milliers de recrutement n’ont pas été faits et le sous-effectif est très important. On entend dans les propos rapportés par les journalistes des phrases telles que : la justice est exsangue, notre tribunal est une épave…

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/sarthe/sarthe-manque-de-greffiers-notre-tribunal-est-une-epave-14dc9f52-3d88-11ec-ae19-24374b064259

https://www.francebleu.fr/infos/societe/colere-des-magistrats-des-mobilisations-partout-en-france-1639589684

L’école. Un professeur débutait avec un salaire de 2,3 fois le Smic en 1980, il débute aujourd’hui à 1,2 Smic. Difficultés de recrutement, démissions s’ensuivent. Le niveau des élèves chute avec des réformes absurdes.

Les services publics du train, de l’électricité et du gaz sont privatisés. Cela conduit à passer de services accessibles et de bonne qualité à des prix élevé avec une qualité en baisse. Le prix des billets de train a très fortement augmenté tout comme le prix de l’électricité. Le prix du gaz flambe car l’Europe a peu de gaz et ne sécurise plus ses contrats à long terme !

 

Et n’oublions pas que tout ce système tient grâce à l’achat par 2000 Mds d’argent public de la BCE des actifs des plus riches sur les marchés financiers. Cet argent pourrait être injecté pour des projets de réindustrialisation de la France, des projets sur l’écologie, pour créer des emplois. Mais non, l’argent va aux marchés financiers et alimente les grandes fortunes qui en plus s’accroissent avec la possibilité d’emprunter de l’argent gratuit, à taux 0, grâce à cette politique absurde. Et Macron soutient cette politique européenne…

 

Quel est le programme économique de Valérie Pécresse ?

 

Le programme économique de Pécresse

Source le programme officiel https://www.valeriepecresse.fr/mes-propositions/sur-l-economie  et les annonces dans les médias.

 

Résumé factuel : le programme affiché sur le site de Pécresse comprend peu de mesures. Nombre de mesures annoncées par la candidate dans les médias ne s’y trouvent pas. Qu’en déduire ?

Les principales mesures sont l’âge de départ à la retraite repoussé à 65 ans, le temps de travail qui sera poussé vers 39 heures payés 39, la suppression de 150.000 postes de fonctionnaires, la prise en charge par l’Etat de 7 milliards de cotisations sociales pour augmenter les salaires, la baisse de 10 milliards d’impôt des entreprises (impôts de production), la baisse drastique du nombre de normes, ces normes étant pourtant majoritairement européennes.

L’Etat se désengagerait de toutes ses participations minoritaires y compris Air France pour la somme de 15 milliards d’euros.

Enfin, la candidate veut « influencer l’Union Européenne » pour faire aboutir de vieilles mesures datant de plus de 10 ans mais jamais prises : une taxe carbone aux frontières, la réciprocité dans l’ouverture des marchés publics. Un quota de logiciels et d’infrastructures numériques doit être réservé aux entreprises européennes.

Mon avis sur le programme :

Un programme habituel de droite d’argent et s’appuyant sur l’Union Européenne. Le programme a des recettes de 22 milliards d’euros par an à terme pour des dépenses de 21 milliards d’euros par an. Un programme orléaniste et sans ambition n’ayant aucune chance de relancer la croissance.

Programme de droite orléaniste avec le départ à la retraite repoussé de 62 à 65 ans, le désengagement de l’Etat des entreprises publiques, les hausses du nombre d’heures travaillées, la suppression de postes de fonctionnaires, la baisse d’impôt pour les entreprises, la hausse des salaires par la prise en charge par les contribuables de cotisations sociales. Personne ne peut penser que c’est un programme ambitieux de relance d’une économie française en mauvaise état.

Quand plus de la moitié des Français arrivent déjà à la retraite en étant sans emploi, que les entreprises licencient les salariés après 50 ans, le départ à la retraite à 65 ans semble une mesure assez violente et potentiellement couteuse en aides diverses avant les 65 ans pour les 50% de sans-emplois. Ne parlons pas des ouvriers et artisans qui peuvent difficilement travailler après 60-62 ans.

Les postes de fonctionnaires seraient supprimés notamment dans les collectivités locales quand l’Etat n’a pas le pouvoir de le faire. Pécresse veut supprimer les doublons. Cela semble un peu facile comme argumentation. Où ? Comment ? La dématérialisation serait augmentée quand celle-ci est déjà très importante (Même la demande de carte grise est dématérialisée avec les risques de fraude évidente et de coûts que cela comporte). A l’exception d’une suppression des Régions, agglomérations et communautés de commune, on ne voit pas comment cela serait réalisable. Pour la suppression d’emplois dans l’administration administrante, Pécresse devrait préciser quels sont ces postes inutiles pour être crédible (ARS ?).

La hausse du nombre d’heures travaillées a-t-elle un sens dans un pays au chômage si élevé aujourd’hui ? Ne vaut-il pas mieux que plus de personnes sortent du chômage et apportent leur contribution à la Nation ? Enfin, la prise en charge par le contribuable des cotisations sociales est sympathique mais fait augmenter les impôts pour les contribuables.

Toute la partie influence de l’Union Européenne semble être un vœu pieux puisque ces mesures n’ont jamais pu être adoptées en 10 ans puisqu’il faut l’accord de nos partenaires qui n’ont pas forcément les mêmes intérêts et les mêmes idées. La « réduction drastique des normes » en fait partie puisque l’essentiel des normes appliquées en France vient directement de l’Union Européenne.

 

Economie générale

. Repousser l’âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans progressivement de 2022 à 2030. Un minimum retraite au SMIC (Cela a été plusieurs fois annoncé par Valérie Pécresse récemment mais n’est pas dans le programme économique. Pourquoi ?) Economie estimée pour l’Etat de 20 milliards d’euros par an à terme.

. Fin des 35 heures. Passage à 39 heures de travail payées 39. Négociation par branche ou par entreprises. Sans accord, passage à 39 heures payées 39.

. Pour toucher le RSA (550 euros par mois), 15 heures d’activités par semaine.

. Suppression de 200 000 postes dans « l’administration administrante » de l’Etat et des collectivités locales », et la création de «r l’industrie, l’agriculture, la construction et la distribution (Rappel : l’essentiel des normes et l’accumulation excessive des normes est faites par l’UE qui les définit pour le marché unique européen. Il faudra donc que la France fasse changer toute la réglementation européenne. Un travail herculéen.)

Défendre une taxe carbone aux frontières de l’UE (Depuis 13 ans est évoquée une taxe carbone aux frontières de l’UE sans que celle-ci n’ait vu le jour. Nos industries lourdes subissent effectivement aujourd’hui une taxe carbone européenne et sont concurrencés déloyalement par des industriels étrangers ne la subissant pas. Aujourd’hui, l’UE négocie l’entrée d’un dispositif taxant 2% des importations ! Tout cela semble être du domaine du vœu pieux).

. Imposer la réciprocité ou la préférence européenne dans la commande publique (Cela fait plus de 10 ans que l’on parle de cette absurdité : l’UE ouvre ses marchés publics à l’étranger alors que les pays étrangers ne le font pas. Ce changement est bloqué au sein de l’UE et rien n’a abouti en 10 ans. Pourquoi cela aboutirait il demain avec Valérie Pécresse ?)

. Imposer des quotas européens de logiciel et d’infrastructures numériques (Dépend de la bonne volonté de l’UE qui n’a pas l’habitude de faire ce genre de politique. Les Etats-Unis seront vent debout et il est peu probable que l’Allemagne très excédentaire commercialement avec les Etats-Unis acceptent de mettre en péril sa relation avec les Etats-Unis).